On ne présente plus le PMU, ce que l’on sait moins, c’est que l’entreprise prend des paris sans interruption, chaque jour de l’année. Courses de chevaux la journée, paris sportifs en soirée, parties de poker la nuit… Son système informatique absorbe entre 4 et 8 millions de transactions quotidiennes et ne doit jamais s‘interrompre, sous peine de perdre… jusqu’à un million d’euros en dix minutes.

En novembre 2016, lors d’une nuit de bascule, le PMU a migré son SI cœur de métier Mainframe vers Unix avec l’aide de Metaware, société du Groupe Gfi Informatique. Depuis, le bien-nommé programme « Easy », le SI donne toute satisfaction.

« Nous opérons historiquement sur les courses hippiques ; et depuis 2010 sur les paris sportifs et le poker en ligne », rappelle Paul Cohen-Scali, Directeur des Opérations et Systèmes d'Information de PMU. Le montant total des enjeux pris par l’opérateur se porte à près de 10 milliards d’euros annuels.

La DSI de PMU doit composer avec deux singularités importantes : d’abord, une activité scindée en deux, le monde physique et l’e-commerce. Les points de vente sont au nombre de 13 000 sur l’ensemble du territoire français, ce qui met PMU dans le trio de tête des entreprises disposant du plus grand réseau de distribution. Les joueurs parient sur des bornes ou des terminaux disponibles auprès du gérant, et l’entreprise y bénéficie d’un monopole. Sur l’activité en ligne, qui représente 700 000 clients, la concurrence est ouverte.

Seconde particularité, la réglementation interdit à l’opérateur de jeux d’utiliser son monopole physique pour développer l’activité en ligne qui est soumis à la concurrence. Le marketing jongle avec cette contrainte pour digitaliser les points de vente, mais d’un point de vue SI, c’est plus difficile encore : les conditions de jeux diffèrent et les budgets doivent rester soigneusement cloisonnées.

Très clairement, tout doit fonctionner : 60% des paris sont pris dans les cinq minutes qui précèdent la course. Pendant ces pics de transaction, une panne de dix minutes signe un manque à gagner d’un million d’euros. Cela explique pourquoi, sans doute plus encore qu’ailleurs, le PMU redoutait de toucher à son SI.

Pourtant, en 2009, une panne empêchant la prise de paris jusqu’à 16h30 un samedi constitue « la panne de trop ». « Il y a eu une prise de conscience, notre SI est notre cœur de métier mais il est bâti sur un ensemble, application et infrastructure mainframe, conçu en 1995. Il a évolué de manière anarchique, avec des coûts importants, des instabilités chroniques et une rigidité accrue. »

Une réflexion était d’ailleurs déjà engagée sur l’opportunité de ré-internaliser des compétences qui avaient été largement externalisées. « Nous avons décidé que c’était le bon moment pour réfléchir sur le SI nécessaire au PMU pour répondre aux enjeux des années à venir. Nous sommes allés voir nos confrères un peu partout dans le monde et avons exploré toutes les options : repartir d’une feuille blanche, modernisation, progiciel… »

Finalement, la solution retenue en 2012 est un projet en 2 phases : La première est migration iso-fonctionnelle du système vers une plateforme Unix, et la seconde une modernisation de l’application. « Le fait de passer sous Unix a incité nos équipes à se tourner vers l’avenir, nous voulions marquer une rupture car nous poursuivons aussi un objectif plus global de transformation culturelle… »

C’est l’équipe de Metaware, société du groupe Gfi Informatique et spécialiste de la migration, qui a été retenue pour réaliser le portage Unix. Après cinq essais à blanc, la bascule s’est déroulée le 20 novembre 2016 entre 22h et 3h du matin. A 6h30, après les dernières validations internes, les ventes sont ouvertes au public sur tous les canaux de commercialisation. « Tout fonctionne avec le niveau de performance requis dès le 1er jour, le chiffre d’affaires est assuré à 100%, c’est un succès ! »,estime Paul Cohen-Scali.

« Le Time to Market des applications a été restauré (9 mois voire 6, contre 13 mois précédemment), les objectifs de performance et de disponibilité sont atteints : disponibilité 24/24, réduction des arrêts, site de secours disponible en 2h. Les équipes Métier, Application et Infrastructure du PMU maîtrisent à nouveau le système stratégique de l’entreprise. Les processus de développement ont été intégralement rénovés avec la mise en place de pratiques DevOps incluant l’intégration continue et les tests automatisés. Enfin, la réduction des coûts de possession du SI est spectaculaire, plus de 70% », précise Paul Cohen-Scali.

Le SI continue aujourd’hui son évolution, la seconde phase de transformation a débuté en 2017 avec la réécriture du système de calcul des rapports impliquant à cette occasion une modification de près de 30 % du règlement de Pari Mutuel Urbain.

Mots clésMigrationApplicatifs

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