« Bout en bout » : le test ultime des processus métiers

Avec le Digital qui se généralise, le Web et la Mobilité prolongent de plus en plus la durée de vie des SI « historiques ». Les tests classiques ne suffisent plus et doivent être complétés par des tests de haut niveau sur tous les parcours utilisateurs et les processus métiers. Le test de « bout en bout » se révèle alors indispensable. C’est la vision de Serge Lega, Directeur de projets Gfi Informatique.

De nos jours, dans un monde de plus en plus concurrentiel, les entreprises sont amenées à développer sans cesse de nouveaux canaux de vente. Ainsi les applications Web et Mobiles du monde Digital viennent se greffer au système d’information historique de l’entreprise.

Les tests unitaires, d’assemblage, fonctionnels, d’intégration deux à deux par silo fonctionnel (SI fabrication, comptable, vente, distribution, après-vente, etc.) voient alors leurs limites. Il est nécessaire de les compléter par des tests de haut niveau assurant que tous les parcours utilisateurs de la solution informatique (collaborateurs internes à l’entreprise, collaborateurs externes d’entreprises partenaires ou internautes) donnent les résultats attendus indépendamment du canal de vente.

Dans ce contexte, le test de « bout en bout » s’avère désormais indispensable à la qualité de l’application perçue par les utilisateurs, et aux respects des délais et des budgets de la solution. Mais aussi pour la maîtrise des risques induits par un échec comme la dégradation de l’image ou de la marge, la perte de la clientèle ou de chiffre d’affaire, etc.

Qu’est-ce que le « bout en bout » ?

C’est avant tout un niveau de test à part entière, en plus des autres niveaux que j’ai cités plus haut, comprenant une stratégie de tests basée sur une analyse de risque des différents processus métiers.

Je prends un exemple : le processus « de la commande à la livraison ». Si je suis un internaute et si je souhaite commander un produit sur Internet, payer en ligne, être prévenu de sa livraison sur mon mobile et récupérer ce produit dans un point de livraison de mon choix proche de mon domicile, alors sans le savoir j’utilise vraisemblablement une série d’applications qui ont été validées par des tests de « bout en bout ».

En effet, le test « de bout en bout », qui s’effectue en règle générale après le niveau de tests « d’intégration deux à deux », permettent de simuler le processus métier dans son intégralité et de s’assurer que c’est le bon produit que l’on expédie au bon client, sur le lieu et dans le délai prédéfinis lors de l’achat.

Le « bout en bout » est donc un processus de tests capable, on le comprend, de valider le fonctionnement et les évolutions du SI tels qu’il sera utilisé au final. C’est aussi une garantie de sécurisation des offres ou des produits.

Un outil pour casser les silos

L’évolution des SI est souvent gérée en silos. Chacun est chargé de tester « sa » partie, avec « ses » environnements et « ses » jeux de test. Ce fonctionnement qui ne facilite pas la valeur ajoutée apportée par le « bout en bout » est de plus en plus remis en cause par les nouveaux besoins du marketing multicanal. Le test de « bout en bout » est transverse. Il nécessite que les différentes entités concernées travaillent ensemble pour définir les cas de test transverses et mettre au point les scénarios et jeux de données associés.

Cette obligation de communication et de partage entre les équipes est en réalité une fantastique opportunité d’innover en matière de partage des compétences et des connaissances. Professionnels métiers, informaticiens et techniciens s’enrichissent mutuellement en travaillant ensembles et il est même possible de créer un référentiel de connaissance qui fait cruellement défaut en capitalisant sur le test de « bout en bout ». Leur création collective est une façon simple de capter l’information, et de formaliser le savoir. L’existence de ce référentiel permet de faire des tests de « bout en bout » et de les automatiser, mais aussi de faire de la formation pour les nouveaux arrivants et de gérer la transmission d’informations entre senior et junior.

MON AVIS D’EXPERT :
Le test de « bout en bout », même si ce n’est pas une activité nouvelle, devient indispensable aux entreprises avec le développement du Digital, en plus de maîtriser les risques de la mise sur le marché d’un nouveau produit, il permet surtout de constituer un véritable outil d’innovation et de dialogue. N’hésitez pas à me poser vos questions dans vos commentaires.

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