Gfi Informatique veut profiter du salon international Laval Virtual pour accélérer l’adoption de UMI3D, une technologie de communication 3D développée au sein de la Direction de l’Innovation en partenariat avec l’Université de Strasbourg.

A l’occasion de la 21e édition de Laval Virtual, salon international du marché de la réalité virtuelle et augmentée (VR/AR) qui se déroule du 20 au 24 mars 2019, Gfi Informatique annonce la création du Consortium UMI3D. Cette initiative ambitionne d’accélérer l’adoption et les développements de UMI3D (Unified Model for Interaction in 3D environment) en attirant l’attention de la communauté internationale. Industrie, retail, formation, smart city, construction de bâtiments, start-ups, etc., nombreux sont les acteurs potentiellement concernés par cette technologie de partage d’environnements 3D développée au sein de la direction de l’Innovation de Gfi avec l’Université de Strasbourg.

Protocole d’échange, UMI3D répond à la problématique de pouvoir partager un média 3D entre plusieurs terminaux hétéroclites. « UMI3D est un protocole réseau bidirectionnel où l’on norme les données qui s’y échangent. Donc, quel que soit le dispositif utilisé, on interagit de la même manière avec le média 3D », explique Julien Casarin, en charge du projet initié il y a 4 ans et dont les travaux de recherche ont abouti à une thèse et une publication scientifique primée en novembre dernier lors de la conférence CSCW18 de New York. Concrètement, avec UMI3D, les casques Hololens, Occulus Rift, Vive comme smartphones, tablettes et PC peuvent communiquer de concert dans un même environnement virtualisé. Chose difficilement possible aujourd’hui alors que chaque scène 3D doit être développée spécifiquement pour le système qui l’exécute.

Un média 3D indépendant du terminal

Pour interpréter ce protocole de communication 3D, Gfi a développé l’équivalent d’un navigateur pour chacun des principaux dispositifs 3D du marché. « L’idée est de créer le média 3D sans se poser la question du terminal utilisé », explique Julien Casarin. Cette couche d’abstraction offre ainsi de nombreuses possibilités. Notamment celle de rendre les médias 3D préexistants compatibles avec les nouveaux dispositifs. « Par exemple, illustre l’expert en réalité mixte, Microsoft vient d’annoncer l’Hololens 2. Le navigateur dédié que nous allons développer permettra à tous les médias 3D créés depuis 2 ans d’être immédiatement accessibles sur Hololens 2. » De quoi garantir de considérables économies de temps et de coûts de développement.

Autre possibilité : la capacité du navigateur à utiliser n’importe quel périphérique du terminal pour réaliser des interactions puisque celles-ci sont décrites de manière générique et abstraites. Une caractéristique qui, en réduisant les risques de concurrence frontale que rencontrent les constructeurs de casques d’AR/VR sur un projet client, place UMI3D comme un partenaire potentiel de Microsoft, Facebook, HTC et consorts. Julien Casarin espère ainsi qu’à terme les acteurs majeurs du marché de l’AR/VR assurent eux-mêmes le développement du navigateur UMI3D propre à leurs dispositifs.

Sortir UMI3D de sa confidentialité

Ces capacités s’appliquent également au partage en temps réel de modèles 3D entre différents intervenants, localement ou à distance, indépendamment du dispositif VR/AR qu’ils utilisent. Un agent de terrain équipé d’un Hololens en situation de maintenance pourra être guidé à distance par un expert qui travaille depuis une tablette. « Il est déjà possible de faire des réunions virtuelles aujourd’hui, reconnaît Julien Casarin, mais cela nécessite de développer chaque cas d’usage sur chaque terminal. Ce qui demande un effort de développement incroyable pour faire quelque chose de spécifique à un besoin client. Avec UMI3D, on développe le use case qui va être automatiquement disponible sur tous les terminaux. » Outil d’aide à la décision, conception à plusieurs, découverte produit, validation de concepts ou encore formations de groupe illustrent quelques-unes des applications prêtes à tirer parti d’UMI3D.

Victime de sa jeunesse, cette technologie innovante n’est pas encore déployée sur le marché. Gfi a certes développé un prototype de comparaison de jumeaux numériques avec des données IoT industrielles fournies en temps réel par la plateforme ThinWorx de PTC. Mais au-delà de ce PoC exploité par les BU PLM et OSS du Groupe, UMI3D reste une technologie confidentielle pour l’heure. D’où l’idée de la direction de l’Innovation de sortir le protocole de communication 3D de sa confidentialité en s’appuyant sur un consortium. « Nous proposons des implémentations de base en Open Source pour que la communauté internationale s’investisse dans le projet et s’approprie la technologie afin d’attirer beaucoup d’utilisateurs assez vite », précise Julien Casarin.

Gfi, intégrateur UMI3D de référence

Avec Laval Virtual et ses 20 000 visiteurs attendus, Gfi espère donc attirer rapidement les futurs membres fondateurs du consortium, dans le mois qui suivra le salon espère Julien Casarin. Ils viendront rejoindre un noyau historique aujourd’hui composé de l’Université de Strasbourg, de la start-up SL Process, et son casque Lynx, incubée au Fablab de Gfi, de la jeune pouce Silkke, qui a développé une cabine de création d’avatars 3D réalistes, d’Immersive Learning Lab, entité de veille technologique pour la formation en AR/VR, et d’Immersion, poids lourd européen de solutions professionnelles de réalité mixte et des simulateurs destinés au secteur industriel.

Une fois constitué, le nouveau consortium s’organisera en groupes de travail pour établir la roadmap de développement des spécification UMI3D et ses implémentations, toujours sous licence Open Source. Les premiers travaux devraient porter sur l’intégration haptique, la généricité des avatars et le déploiement dans le cloud. De son côté, Gfi profitera de sa connaissance privilégiée d’UMI3D en tant que créateur de la technologie pour se positionner comme l’intégrateur de référence auprès des industriels. « Nous avons une vraie volonté d’être l’acteur le plus pertinent sur un standard de communication 3D qui doit être adopté par beaucoup d’acteurs », conclut Julien Casarin.

Mots clésInnovation

Articles liés

Partager